C'est peu dire que le Manitoba est le pays des grands espaces. La plaine s'étire à perte de vue, pas la moindre colline et les routes, larges, tirent droits a travers les champs de blé, de soja ou de tournesols.


Sur La Prairie depuis longtemps les tracteurs ont remplacé les bisons
Une cinquantaine de kilomètres au nord de Winnipeg se trouve le lac Winnipeg, 13eme plus grand lac du monde, prés de 500 kilomètres de long, c'est une véritable mer intérieure avec ses vagues et ses tempêtes. Les manitobains ont installé leurs chalets non loin des quelques 10.000 lacs du Manitoba et les rejoignent avec hâte dès le début de la belle saison.

Une ferme typique du Manitoba avec la grange aux couleurs vives et la terre, noire et fertile
Nous avons passé la journée de samedi à longer les plages de sables et à nous promener sur les quais et les pontons de Gimli. Ce petit village de 5000 habitants, qui fait plus que tripler sa population en été, a la particularité d'accueillir la plus grande communauté islandaise en dehors d'Islande. Et c'est vrai que les habitants ont des airs de vikings et que le village rappelle les paysages scandinaves.


La population de Gimli garde de ses origines icelandaises la fierté et un goût artistique très sûr.
Enfin nous terminions cette semaine de travail par un petit peu de tourisme. Le bilan de cette visite express à Winnipeg est assez positif. Bien sur nous n'avons pas encore pris la décision définitive d'immigrer au Canada. Nous devons encore faire murir le projet. L'intérêt et l'enthousiasme avec lequel les manitobains ont accueilli notre projet est tout de même encourageant. Demain nous nous envolons pour la France via Toronto. Lundi soir nous serons à Marseille. Nous mettrons le blog à jour, avec les photos, à notre retour.
Encore une journée bien remplie. Les pages du Business Plan, quasi blanches à notre arrivée se noircissent petit à petit. Au programme d'aujourd'hui, visite chez le comptable et l'avocat.
Tous deux francophones, ils nous ont reçus toujours aussi gentiment et efficacement. Ils nous ont plongé tout droit dans la vie et la réalité économique nord-américaine. En gros, tout se paye mais quand on paye on en a pour son argent. Et plus tu payes, plus tu en as. En contrepartie de ton argent, tu ne te soucies de presque rien, l'ensemble de tes contrats sont épluchés par ton avocat et ton comptable te fournit une analyse complète de ton affaire et pas uniquement ton bilan. Un parachute en somme.
Une chose cependant, ne croyez pas que la fiscalité ou la législation canadienne soit tellement plus légère que son homologue française... surement pas. Mais on sent tout de même qu'il y a moins de tracasseries. Bon il faut l'avouer, les charges sociales sur un salaire ne sont au totale que de 18%, soit trois fois moins qu'en France.
Demain, visite d'un village en pleine campagne.
Depuis dimanche maintenant nous écumons la ville et les environs de Winnipeg. Ici il existe trois quartiers principalement francophones : St Boniface qui n'est séparé du centre ville que par la Rivière Rouge, St Vital et St Norbert, plus excentrés et très résidentiels. Les rues de ces trois quartiers sont charmantes, les maisons en bois superbes et entourées de minuscules jardins mais avec des allées bordées de magnifiques arbres. Le tout donne un aspect très paisible et reposant a la ville.


Les jolies rues de Saint-Boniface, un des quartiers francophones de Winnipeg, à deux pas du centre ville
Depuis notre arrivée le beau temps ne nous a pas quitte et les températures sont très clémentes, nous avons frôle les 30 degrés hier et avant-hier.
Pour ce qui est du projet professionnel, nous avons discute avec des experts en import-export et en commerce qui sont à notre disposition pour élaborer le business plan. Nous avons visité nos principaux concurrents, ils ont parfois collaborés et ont répondus à nos questions, parfois moins mais nous avons toujours reçu un excellent accueil. On comprend pourquoi sur les plaques d'immatriculations il est inscrit "Friendly Manitoba".
Aujourd'hui au programme, le comptable, l'avocat et le banquier. Pour vendredi et samedi, le programme sera surtout consacré au tourisme. Apres l'effort, le réconfort.
Après un lever aux aurores, un vol vers Montréal de 7 heures et une escale de deux heures, nous avons enfin vu se profiler la fin du voyage lorsque nous avons embarqué dans le vol qui nous a mené vers Winnipeg. Le voyage était loin d'être achevé, trois heures et demi de vols étaient encore nécessaires pour atteindre notre destination finale. Nous débarquions enfin dans cette ville dont nous ne connaissions qu’à peine l'existence deux mois plutôt.

Johanne nous attendait à l'aéroport de Winnipeg
Un soleil radieux nous accueillait et la température, bien que fraiche était très agréable. Johanne, une de nos correspondantes locales nous attendait à l'aéroport. Elle avait pour consigne de ne pas nous laisser nous endormir tout de suite, mission qu'elle accomplit avec zèle et beaucoup de sympathie en nous emmenant faire un petit tour dans la ville.

Le centre ville de Winnipeg, une ville américaine typique
Vers 19 heures (heure de Winnipeg) elle nous amenait chez les Stockwell-Grouette chez qui nous allons loger toute cette semaine. Les Stockwell-Grouette sont une famille anglo-franco-manitobaine. John est anglophone, Louise est francophone et possède des ascendances amérindiennes. Ils ont une fille et deux garçons de 11, 10 et 8 ans. Ils semblent assez bien représenter un aspect de la famille Manitobaine et tiennent particulièrement à leur particularisme multiculturel.
Après un bon repas nous avons enfin pu aller nous coucher il était 10 heures du soir, nous étions debout depuis plus de 24 heures d'affilée... ouf !
Le voyage reprend son droit et Hasta Siempre... sa vocation originelle, celle d'un carnet de voyage. Le "partenariat" entre Shanti et moi continue de plus belle. Nouveau voyage, nouveau projet, nouvelle destination. Ce coup-ci nous nous envolons pour le Canada. Oh pas pour bien longtemps une semaine seulement (après je dois rejoindre mon poste au Trésor Public) mais avec un grand projet.
Samedi matin nous embarquons sur un vol à destination de Winnipeg (voir par ici pour découvrir la ville et aussi par là), la capitale du Manitoba (voir de ce coté pour la province). En gros c'est au centre du Canada, la porte du Far-West, le début de la Prairie qui voyait se déplacer les innombrables troupeaux de bisons. Aujourd'hui Winnipeg est entourée de champs de maïs, de forêts et de lacs gigantesques. Il y fait froid en hiver, très froid et en été chacun à son petit millier de moustiques personnels. Chouette programme non ?
En fait la Province du Manitoba est réputée pour sa grande qualité de vie, ses journées ensoleillées hiver comme été et ses ciels magnifiques. Winnipeg est une grande ville moderne qui a su se développer harmonieusement. Le facteur déterminant qui nous a décidé est que le Manitoba nous offre la possibilité d'immigrer dans de bonnes conditions et nous fournit un soutien logistique, juridique, administratif afin que nous puissions y créer une entreprise. Bien sûr, la province est à 95% anglophone mais les 5% de francophones débordent d'énergie et souhaitent vivement accueillir des migrants de langue française.
Nous tentons donc l'aventure. Une semaine de travail intensif nous attend avec "des gens d'affaires" comme s'appliquent à dire les canadiens francophones. Ils nous ont d'ailleurs concocté un programme assez dense. But du séminaire : établir le plan d'affaire de notre projet.

Mais de quel projet parle-t-il depuis tout à l'heure vous entends-je piaffer. En deux mots, on va quand même pas tout vous dire. Nous avons déjà réalisé un premier projet de logo qui intègre une ébauche du projet. Ceux qui connaissent Shanti (alias Marie pour l'état civil) y verront un clin d'oeil quant à sa personnalité et surtout à l'histoire de sa vie.
Donnez nous vos suggestions, votre avis, nous en avons besoin !!!
Mais que deviennent-ils, devez-vous vous demander ? Et c'est vrai qu'il y a bien longtemps que nous n'avons alimenté Hasta Siempre... 3 mois en fait. Alors voila quelques courtes nouvelles avant de vous en dire plus dans les jours qui viennent.
Depuis le début du mois d'avril Shanty est à Marseille tandis que moi, je mange mon pain noir à Paris. Je suis la formation d'Agent de Recouvrement du Trésor Public. Vous vous souvenez, je vous avais prévenu de ma réussite à ce concours.
Mais oui vous avez bien lu, il s'agit bien du fameux Trésor Public avec qui vous entretenez une relation épistolaire depuis de si longues années. Lui vous remplit tendrement vos boites au lettres de commandement de payer. Vous lui répondez délicieusement par de jolis chèques. Bientôt ce sera moi qui vous enverrai tous ces mots d'amour. Vous pourrez alors m'appeler à juste titre "Mon Trésor".
Le mot qui qualifie le mieux la formation des catégories C est probablement "assommant". Pour vous résumer. Les concours de la catégories C de la fonction publique sont ouverts aux candidats possédant le niveau 3ème, c'est à dire fin de collège. Mais 90% des lauréats du concours possèdent au moins une licence. On marche sur la tête, non ? Bien entendu le rythme et le contenu de la formation n'est pas adapté au niveau des candidats. Résultat, la plupart du temps on hésite entre un bâillement et se lever pour qu'il y ait de l'animation.
Heureusement, là n'est pas le seul horizon qui s'offre à moi... un autre se profile à grands pas... mais c'est là l'objet du prochain article. En attendant, je prends les sous en prévision des prochaines aventures.





