Ca y est nous sommes arrivés au Bresil, à Sao Paulo exactement. Nous devions nous rendre immediatement à Recife, quelques 2500 km plus au nord mais là, manque de bol, pas un vol de disponible sur les trois compagnies qui assurent la destination avant le 29 decembre. Nous voila donc bloqués à Sao Paulo pour 3 jours. A nous de trouver quoi faire dans cette ville qui, dans notre programme, ne devait nous occuper que 24 heures.

Sao Paolo est la capitale economique du Bresil. Ville gigantesque, elle etale ses cités dortoires sur des dizaines de kilomètres. Dans un fatras de banlieues entrecoupées de Favelas, surgit un centre ville à l'americaine où les gratte-ciel se concurencent pour atteindre les rayons du soleil. Mais les palmiers et les groupes de musiciens de rue nous le rappelle : nous sommes au Brésil. De nombreux batiments anciens et magnifiques restent preservés dans ce décor vertical. Sous ses aspects ultramodernes de la finance mondialisée, on croise des chiffoniers tirant des charettes à bras lourdement chargées. Sur l'Avenue Paulista, la misère cotoie les plus grandes fortunes du pays.


Ici, c'est l´été et le temps des fêtes de fin d'année ! Alors, sevrés de consumerisme depuis notre séjour cubain, nous nous jetons sur les boutiques et achetons les souliers locaux... les tongs. il y a le choix.
Toujours plus de problèmes avec internet. Ici, même pour un diplomate, ce n'est pas facile d'avoir une connexion fiable. Alors, pas réellement d'article aujourd'hui mais nous vous donnons les infos pour notre prochain départ pour le Brésil.
Si l'esprit de Noël ne nous a pas suivi jusqu'à La Havane ce n'est surement pas parce que la température et le soleil rappelle plus un été européen. Pas une guirlande, pas un Père Noël, pas un panneau publicitaire n'est là pour nous mettre dans l'ambiance. Alors ici, pas de frenesie de cadeaux et de toutes facons les cubain n'ont pas d'argent à depenser dans des boutiques qui, elles non plus, n'existent pas. Comme ça c'est vite reglé ! Allez hop, on passe à autre chose !
En revanche, à la résidence nous avons droit à un sapin accompagné de sa crèche. Et ce soir, Messe de Minuit, pour la première fois de ma vie, c'est pas incroyable ça ?


Alors à tous nos lecteurs, Joyeux Noël.
Nous partons pour le Brésil le 26 decembre. Nous passerons notre première nuit à Sao Paulo avant de rejoindre Recife où Vera et Giovanni nous attendent. Tout comme Tilden, ce sont des très vieux amis de la famille de Shanty. Nous passerons quelques jours avec eux puis nous partirons découvrir d'autres villes du Bresil.Gros problemes de connexion a internet depuis quelques jours. Et pas de clavier accentue non plus... alors on fait comme on peut.
Dans la plus pure tradition et la legerete legendaire de l'architecture stalinienne, la place de la revolution est une immense esplanade, vide, légèrement "terrain vaguisée", traversée par une route demesurée où ne passe que de rares et vieilles voitures et sur laquelle se dresse l'impressionant Memorial Jose Marti qui fait face au portrait géant du Che.


Le Memorial Jose Marti, du nom de l'independantiste cubain qui chassa les espagnols de l'île à la fin du 19eme siècle, est une enorme tour de béton autour de laquelle tournoient des rapaces noirs donnant un aspect assez lugubre à l'ensemble : la tour de Londres sous les cocotiers. Quant au portrait du Che, tout le monde connait cette image à l'éfigie du heros de la revolution cubaine.

La Place de la Revolution est aussi le lieu mythique des discours fleuves de Fidel Castro. La population peut alors l'ecouter improviser des palabres de plusieurs heures... prière d'amener eau et casquette. Surtout frequentée par des groupes d'ecoliers et quelques touristes, à La Havane on est loin du Mont Saint-Michel, de l'Arc de Triomphe ou de la Tour Eiffel. Ici pas de tourisme de masse !
Le voyage continue et malgrè les circonstances nous avons decidé de continuer le récit de notre périple. Sakina est dans nos coeurs, elle aimait voyager, rencontrer du monde et partager. Nous lui dédions ce Carnet de Voyage.
Un aspect léger et rafraichissant de Cuba est la totale liberté vestimentaire dont profite les cubaines. Bon par totale j'entends plutot une joyeuse exhuberance qui se traduit par l'apparition de bonbons roses à tous les coins de rues. Des accoutrements absolument importables par des mannequins en Europe se retrouvent à Cuba sur toutes les femmes, sans distinction d'âge ou de physique : combinaisons, mini-jupes ou calecons d'un rose fluo ou d'un bleu tout aussi chimique.
Les cubaines semblent être desinhibées quant à leur rondeurs, bourelets et autres pneus autour de la taille. Les nombrils de toutes formes et de tous formats s'exposent sans arrières pensées. Nous sommes bien loin du carcan dicté par les magazines féminins occidentaux... même si de temps en temps on croise une fille superbe dans des vetements faits du même métal.

Une terrible nouvelle nous est parvenue. Sakina est decédée.
Ceux qui me connaissent savent qui elle était pour moi. Ceux qui la connaissaient savent la personne qu'elle était et au-delà de sa gentillesse et de sa beauté savent la force et le courage qu'elle avait, jusqu'à nous cacher la maladie qui l'a emportée.
Il n'y a pas un jour où je n'ai pas pensé à elle depuis que je l'ai rencontrée. Elle continuera à m'accompagner.
Parfois au détour d'une rue, il est possible de croiser d'étranges créatures, toutes pomponnées, vétues comme des poupées de cires. A Cuba, depuis toutes petites, les jeunes filles, rêvent du jour de leur 15ème anniversaires. Quelques unes ont la chance de devenir la reine d'un jour à cette occasion. Rien n'est alors trop beau ou trop cher pour elles : location d'une robe, d'une belle voiture américaine, organisation d'un bal et d'un banquet et bien sûr se louer les services d'un photographe et d'un cameraman professionnel pour immortaliser l'instant. De telles dépenses, représentent un sacrifice énorme pour les familles moyennes, se planifient et se financent plusieurs années à l'avance.


Cuba est connue pour l'excellence de son système de santé et pour ne laisser personne sans ressources. C'est ce que le gouvernement appelle les droits de l'homme et c'est ce que nous oublions trop souvent. Alors parfois, des files de personnes agées se forment dans la rue et heurte notre regard occidental. Ce n'est que la distribution des produits de première necessité, une sorte de restaurant du coeur.

Sinon, et bien je suis allé me faire couper les cheveux. Avant j'étais triste et j'avais chaud à la tête, maintenant j'ai bonne mine, le vent dans les oreilles et dans la rue... on m'appelle Dumbo.

. avant pendant après
Les guides touristiques parlent de toutes les destinations dans le monde en utilisant les termes de "terre de contraste", si ces mots sont le plus souvent galvaudés, ils ne le sont pas pour le centre ville de La Havane. Nous déambulons dans des rues et découvrons des bâtisses délabrées aux murs galleux tels un pays en guerre, peuplées d'habitants, qui semblent lointains et préoccupés.

Mais, quand au coin d'une rue laissant à désirer, nous débouchons sur la place du Capitol, nous nous retrouvons à Washington. Ce batiment imposant, héritage de la colonisation espagnole, semble avoir été construit comme un pied de nez au grand voisin du nord. Deux Havane se cotoient sans jamais se rencontrer, celle du peuple et celle du touriste et des officiels.



La Havane possède son China-town, le barrio chino, mais mis à part quelques restaurants par-ci par-là, nous ne croisons pas le regard d'un oeil bridé.
Depuis trois jours, nous nous prélassons : Luxe, Calme et Volupté. Nous sortons... un peu, nous nous reposons... beaucoup. Alors, pour aujourd'hui vous aurez droit à une visite guidée des lieux de villégiature.
La résidence se situe à proximité du quartier des ambassades et du Palais des Congrès. L'avenue qui y mène est bordée de palmiers et de ficus gigantesques. Les résidences sont plus belles les unes que les autres. A l'extérieur, jamais commode mais toujours souriant, un garde est en faction de jour comme de nuit. Une lourd portail en fer forgé frappé de l'écusson du Brésil accueil les visiteurs.
It is located close to the other embassies and Congress Center, surrounded by palm trees, magnificent ficus and gorgeous manors... Outside the Residence,a policeman protects the heavy gate with a man on gard duty looking after the building.


En franchissant le seuil, nous sommes accueillis par les drapeaux brésiliens et cubains, et les portraits de Lula et Fidel. Au sol, du marbre blanc et des tapis épais nous mènent vers les salons de réception. Les murs, d'un blanc cassé et les baies vitrées à petits carreaux nous plongent dans une ambiance coloniale. La salle à manger est toujours impéccablement dressée de faiences précieuses. Par les ouvertures vers les jardins nous découvrons les palmiers, accacias, philodendrons, hibiscus se balançant au rythme des alizées. Les chambres sont à l'étage et s'ouvrent sur un immense balcon surplombant la terrasse et le jardin tropical.




La piscine, à 28° quelque soit la saison se situe dans un espace séparé du reste de la résidence par une cascade de palmes. Des transats et un bar sont à notre disposition. Vous en avez rêvé... nous, nous le vivons !
At the entrance, two flags, the Brazilian and the Cuban one welcome us in there in a colonial atmosphere. Indeed, the garden displays a tropical flora rocked by a soft wind. The bedrooms are upstairs with a wide terrace overlooking the amazing tropical garden as well as the swimming-pool.

1. Jour 1 : Vendredi 2 décembre 2005
Réveillés aux aurores, décalage horaire oblige, après le petit déjeuner, nous partons marcher dans les alentours de la résidence. L’image des rues de La Havane, sillonnées par de vieilles voitures américaines est bel et bien réelle. Environ 1/10ème des voitures date des années 50, Buick, Chevrolet, Chrysler sont monnaies courantes et parfois rutilantes.




Dans l’après-midi nous nous rendons au centre ville « Habana Vieja ». Nous sommes frappés par la juxtaposition de bâtiments parfois délabrés, souvent superbes et le plus souvent les deux à la fois.


Le soir, Tilden met les petits plats dans les grands : restaurant italien (typique partout dans le monde) puis sorti au « Cabaret Parisien » (tout aussi typique). Nous nous retrouvons dans une Havane d’avant Fidel, peuplée d’hommes d’affaires et de milliardaires, dans un hôtel historique et prestigieux, l’« hotel Nacional » où on s’attend à tout moment à croiser Hemingway ou Humphrey Bogart. Au programme du Cabaret, une « Revue Parisienne » avec strass et paillettes mais à la sauce cubaine et relevée avec une forte inspiration afro-caraïbe.


En deuxième partie, une vedette locale à la voix sirupeuse interprétait les plus grands succès d’Amérique Latine et, interpelant le public, les succès nationaux de chacun. Reconnaissant Tilden, un habitué des lieux, il l’invite monter sur scène sur « Pais Tropical » et « Tristeza ». Et là, la bête de scène se réveille, le show-man se révèle, il faut dire que Tilden est un excellent chanteur. Dans le même temps l’ambassadrice improvise quelques pas de samba. Le public se déchaine... Un triomphe !!!


JOUR 2 : Samedi 3 decembre 2005
Départ 9:30 pour la plage de Varadero, située à une centaine de kilomètres à l’est de La Havane. Nous empruntons des routes aussi vides le jour que la nuit. Nous croisons principalement des véhicules utilitaires et des taxis. Au passage à une station service nous remarquons qu’une carte de rationnement est en vigueur pour l’essence.


Le bord de route a des airs de Floride avec ses « Diners » à l’américaine mais l’absence de publicité, les arrêts d’autobus surfréquentés et les slogans à la gloire de la révolution nous confirment que nous sommes à Cuba. L’autostop est une pratique courante et se base sur une solidarité tacite entre conducteur et autostoppeurs. Autostoppeuse devrions-nous dire puisque les véhicules sont quasi-exclusivement conduits par des hommes et que la quasi-totalité des autostoppeurs sont des femmes de tous âges et parfois des lycéens. Mais nous reparlerons de cette pratique prochainement dans un article. La côte est rocheuse, pas de belles plages de sable fin, on y trouve quelques puits de pétroles et échoppes pour touristes. Les villes que nous traversons sont à mi-chemin entre la construction et l’abandon. Le manque de moyen de l’état et des habitants est criant, la situation semble subit, acceptée, on sent une espèce de résignation.


Après 2 heures de route nous arrivons sur le site de Varadero, sur lequel une industrie touristique s’est développée. A la vue de l’architecture, le complexe a accueilli les touristes du bloc soviétique mais depuis quelques années il s’est ouvert à toutes les nationalités. La pompe à devise est enclenchée. D’ailleurs, pas un cubain sur la plage à part les serveurs des paillotes et des hôtels. La plage de sable blanc s’étend sur plusieurs kilomètres, l’océan est superbe, presque irréel. Le paysage n’est qu’un mélange de bleu et de blanc. Bleu du ciel et de l’eau, blanc du sable et de l’écume.

Retour dans l’après-midi, les nids de poule de la route ont eu raison de l’amortisseur avant-gauche de notre minibus. Plus de peur que de mal, nous avons simplement roulé plus lentement pour les dernières dizaines de kilomètres. Nous sommes arrivés alors que le soleil se couchait sur le Malecon.

Quatre jours ont été nécessaires pour pouvoir enfin nous connecter à l’internet et vous donner des nouvelles. Depuis que nous sommes arrivés, la météo est délicieuse, un ciel tout bleu parsemé de petits moutons, un soleil très doux, une température de 22-26° et le souffle léger des alizées. On est loin de la moiteur ressentie à notre arrivée.
Mais, commençons par le début.... Il était une fois...
1. Le voyage
Départ de Marseille à l’heure prévue mais 2 heures de retard au décollage de Paris et donc à l’arrivée à La Havane. Crise de larmes de Shanty à Paris, Air France ne nous ayant pas attribué des places côte-à-côte. Il fallait la voir devant les flegmatiques hôtesses, trépignant et agitant ses petites mains qui dépassaient tout juste du comptoir. Devant mon flegme concernant les places et surtout mon incompréhension devant son inutile emportement, elle fut persuadée de mon implication dans ce terrible complot visant à nous séparer pour les 10h de vol. Bien sûr, le problème fut réglé dès l’embarquement dans l’avion, un aimable passager italien ayant accepté que nous échangions nos places (heureusement pour moi sinon qu’est-ce que j’aurais pris).
2. L’arrivée
Après un contrôle des passeports tout à fait classique, nous retrouvions Tilden, accompagné de son chauffeur. Il nous attendait à la réception des bagages avec son grand sourire et sa chaleeeeeeur brésilienne. Sa présence nous évitait le passage en Douane et une fatigue superflue. A l’extérieur, une chaleur moite contrastait avec l’atmosphère sèche de l’avion et le froid de Marseille.
Nous traversons de nuit des quartiers populaires, la première impression est liée au petit nombre de voitures sur des routes surdimensionnées à l’éclairage parfois défaillant et à l’omniprésence de la police. Nous croisons beaucoup de petits groupes de jeunes gens sur le bord de la route, certains discutent, d’autres, en particulier des jeunes femmes, semblent attendre le passage d’une voiture on d’un hypothétique bus. Le contraste est saisissant par rapport au quartier des ambassades où réside Tilden.





