Lors de notre voyage à Winnipeg nous avons eu l'occasion d'assister à un office religieux célébré dans une église liée au mouvement des "Born Again". Born again est un terme qui était utilisé originellement par les églises évangéliques et pentecôtistes aux USA pour désigner une renaissance spirituelle souvent liée à une conversion ou un retour vers la religion. Ce mouvement, issu des milieux progressistes et intellectuels dans les années 60, s'est petit à petit étendu aux milieux populaires et traditionalistes. Le représentant le plus illustre de ce mouvement est probablement George W. Bush, alcoolique repenti qui justifie son action politique par sa foi.
Les Born Again sont très sympathiques, amicaux et ouverts mais ils sont également intransigeants. C'est assez désarçonnant pour des européens et particulièrement pour les latins, habitués au discours du Vatican. Un exemple : les Born Again proscrivent la sexualité hors mariage mais revendiquent le nécessité de prendre son pied dans le cadre du mariage.
Alors voilà, ils ont dépoussiéré le culte, chassé les aspects gnan-gnan de la messe traditionnelle, introduit le rock'n'roll. La prêche ressemble à un one-man show à l'américaine dans lequel le pasteur est la vedette. Il porte un costume italien, des baskets à la mode, arbore un sourire fluoré et quand il délivre son message, il l'entrecoupe de traits d'humour. Le tout est plié en une heure (dont 40 minutes de rock'n'roll).
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Le résultat est simple, net et sans appel. Les églises traditionnelles se vident alors que les Born Again viennent d'inaugurer la leur, 3000 places, des spots, de la fumée et une demi-douzaine de caméra qui diffusent en direct sur des écrans géants. Et puis sous le même toit : une garderie, une école du dimanche, une cafétéria, une salle de jeu, une bibliothèque ou on peut acheter les DVD des prêches. On prie "born again", on se distrait "born again", on mange "born again". Tout le monde y trouve sont compte, les petits comme les grands.
Le Pasteur aussi d'ailleurs y trouve son compte, à l'heure de la quête un formulaire est distribué, la bonne parole est claire, elle dit : « Carte bleue acceptée ».





